mezwej


orient-occident

2007

Fondation Royaumont - résidence, écriture & création 2007
Premier chantier Mezwej
, huit musiciens - quatre "orientaux" et quatre "européens" - seront en résidence de création au cours du mois d’août et du mois de septembre 2007 ; une journée, le 22 septembre sera le point d’orgue de cette rencontre et la première apparition publique de Mezwej.
Principes de travail en résidence
Rencontre Les musiciens travaillent ensemble dans un espace qui questionne l’oralité, les éléments qui proviennent de l’orient, de l’écriture occidentale. Ils expérimentent des constructions d’œuvres nouvelles à partir des signes, entre l’écrit et le non écrit, en s’appuyant sur trois types d’approches :

 
les énergies et les formes qu’on retrouve dans la musique orientale.
Le
tajwid (cantillation coranique), le mawwâl, forme de chant soliste populaire, les chants syriaques par exemple sont utilisés ici comme matériaux pour l’écriture. De même la notion d’hétérophonie, « polyphonies de linéarité sans contraintes verticale* » sert de ressort dynamique dans la pratique collective.
 
Le maqam intégré et éclaté Travailler sur trois ou quatre notes (le tétracorde à la base de chaque mode), construire une pièce ouverte, en étirant, modifiant, contrariant le tétracorde et ses intervalles...
 
Travail sur des schémas de maqam Ecoute et transcription de taksims traditionnels, analyse de leur schéma modal et travail sur le signe, la notation, à la recherche d’un nouveau système de signes.

Puiser ainsi dans l’énergie millénaire de la tradition pour rejoindre le principe d’un renouvellement constant de la création.
22 septembre 2007. Journée-itinéraire en quatre concerts et un espace de réflexion
La journée du 22 septembre 2007, inscrite au cœur de la
saison musicale de Royaumont, associera au cours de quatre concerts, dans un jeu de miroir et d’échos, la musique syriaque araméenne, la musique arabe (classique et populaire) et la musique contemporaine occidentale. Dans les entrelacs surgiront des pièces travaillées en résidence sur le matériau de l’oralité, de l’écriture et de la mémoire.
Cet événement se déroule sur une grande journée, intense et ouverte, au sein de laquelle de grands musiciens, porteurs d’une mémoire ancienne, sont invités. Le thème choisi – « échos » met en évidence le projet même de Mezwej.
Chaque pièce, traditionnelle ou contemporaine, intégrée à l’un des concerts, entrera en résonance avec une autre pièce entendue à un autre moment, peut-être dans un autre lieu. Un savant tissage de correspondances – quelquefois manifestes, quelquefois secrètes, constituera un parcours sensible défiant les genres et les époques.
La thématique générale s’articule autour de la problématique : création et tradition, écriture et mémoire...
et des pôles :  musique populaire orientale  musique sacrée orientale  musique classique orientale  musique contemporaine La journée est conçue comme un parcours dans le temps et dans l’espace, cet itinéraire investit plusieurs espaces de l’abbaye :
14h30 - 15h30, cloître :
Ensemble vocal Mesopotamia (musique syriaque ancienne)
16h00-17h00, salle des charpentes :
Abir Nehme (musique populaire arabe)
17h30-18h30, réfectoire :
Nidaa Abou Mrad (musiques d’initiations arabes)
18h45-19h30, charpentes
conversation avec Gamal Githany, Nidaa Abou Mrad, Djamchid Chemirani, Zad Moultaka...
21h00-23h00, réfectoire :
grand concert Mezwej, pièces de Zad Moultaka, pièces du répertoire contemporain, pièces traditionnelles avec Armand Angster (clarinettes), Françoise Kubler (chant), Mario Caroli (flûtes), Olaf Tzschoppe (percussions) Abir Nehme (chant), Gilbert Yammine (qanun), Bachar Khalifé (percussions), Pierre-Simon Chevry (nay) l’ensemble vocal Mesopotamia l’Ensemble l’Eglantine et la rose avec Djamchid Chemirani (zarb), Isabelle Courroy (flûte) l’Ensemble de Musique Classique Arabe avec Nidaa Abou Mrad (violon), Mustafa Saïd (chant et oud), Ali Wehbé (riqq)
Zad Moultaka présentera différentes pièces issues de cette réflexion autour de la mémoire, de la tradition et de la dynamique de la création. Duos, trios, solos, pensés et travaillés pendant les résidences, développant les échanges entre musiciens de différents univers culturels et musicaux. Y figureront parallèlement une pièce commandée par le duo "L’Eglantine et la rose" et quelques références au répertoire contemporain occidental en écho à la même problématique.
Programme : Solos pour percussion, clarinette, voix, flûte… Taksims de nay, qanun, voix, percussions… Duos : flûte/nay , nay/voix, deux voix, qanun/clarinette, flûte/zarb… Trios : clarinette/percussion/voix… Tutti : flûte, clarinette, voix, percussions digitales, percussions, nay, qanun, voix…
Exposition (Charpentes) et installations sonores à découvrir dans l’abbaye. A travers l’exposition et les installations sonores, Zad Moultaka vise deux objectifs : renforcer - discrètement - la notion d’écho et de reflet (acoustique, visuel), à la manière d’un théâtre d’ombres et intégrer « en filigrane » l’histoire ancienne de l’abbaye.
participants Mezwej, Zad Moultaka, écriture & direction Mezwej Liban : chant, qanun, kaval, percussions Quatre musiciens : Abir Nehme, chant ; Gilbert Yammine, qanun ; Bachar Khalifé, percussions ; Pierre-Simon Chevry, kaval Accroche note : chant, clarinettes, flûtes, percussions Quatre musiciens : Armand Angster, clarinettes ; Françoise Kubler, chant ; Mario Caroli, flûte ; Olaf Tzschoppe, percussions
Ensembles invités :
Le chœur syriaque Mesopotamia musique liturgique syriaque (huit chanteurs, Gilbert Yamine, qanun ; Père Elie Kesrouani, oud et direction). Le Père Elie Kesrouani, fondateur et directeur du département de Musique er de Musicologie de l’université Notre-Dame de Louaizé, directeur de recherches à Paris IV Sorbonne, travaille inlassablement sur le chant syriaque antique, en langue araméenne, transmis oralement depuis les origines du christianisme. Il a créé l’ensemble Mesopotamia il y a plusieurs années pour explorer l’hymnodie initiée à Edesse par saint Ephrem au IVe siècle de notre ère (la lyre du Saint Esprit) et ses évolutions au contact des cultures juives, romaines et byzantines.
L’Ensemble de Musique Classique Arabe : Nidaa Abou Mrad (musique savante arabe). Nidaa Abou Mrad, direction musicale et violon arabe : Mustafa Saïd, chant et oud, ; Ali Wehbé, riqq Nidaa Abou Mrad est directeur de l’Institut Supérieur de Musique de l’Université Antonine – Hadeth – Baabda - Liban, fondateur et Directeur du Centre des Traditions Musicales de l’Orient Arabe et de Méditerranée à l’Institut Supérieur de Musique de l’Université Antonine – Hadeth – Baabda - Liban, président de la Fondation pour la Musique Classique Arabe Violoniste, musicologue et compositeur, il est aujourd’hui un des plus grands spécialistes des maqams et de la musique classique du Proche Orient. Il se consacre à la tradition, qu’il cultive en profondeur dans sa dimension improvisative. Grand connaisseur de la musique soufie et des différentes traditions orientales, il expérimente les convergences méditerranéennes d’hier et d’aujourd’hui.
Abir Nehme, Gilbert Yammine et Bachar Khalifé (musique populaire arabe (mawwal, aatéba, taktouka égyptienne...) Abir Nehme a d’abord étudié la littérature, la linguistique et le théâtre avant de se consacrer entièrement à la musique. Du mouwashah arabo-andalou aux chants liturgiques, la chanteuse aborde tous les répertoires. Par les formes du mawwâl, de la ‘atâba, de la mîjânâ, de la taqtûqa égyptienne, a cappella ou instrumentées, elle ouvre avec ses deux musiciens l’espace imaginaire de la musique populaire arabe où tous les sentiments s’exaltent, mélancoliques ou joyeux : la nostalgie, la tristesse, l’amour…
Duo "L’Eglantine et la rose" (Djamchid Chemirani, zarb et Isabelle Courroy, flûte) Comme dans la musique soufie, l’être humain incarné par la voix est entouré par la percussion qui serait le temps qui rythme la vie et de l’autre le nay qui est l’âme, le souffle. Dans cette pièce flûte et zarb, prendraient la place de la voix, de l’être (dans son dédoublement, son ambivalence initiale) , la percussion et le souffle étant amenés par la bande son. Le compositeur a travaillé à partir des rythmiques traditionnelles pour respecter l’espace de la mémoire de Djamchid Chemirani. Hommage à la tradition et questionnement de son devenir.

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